Charge inutile

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Alors même que l’injonction à devenir plus raisonnables se fait plus insistante, moins parce qu’idéologiquement on voudrait nous y contraindre, mais tout simplement parce que les faits sont faits et qu’il nous mettent devant eux-mêmes, accomplis, alors même qu’on voit bien que déjà rien ne va plus, tout en admettant qu’il va être nécessaire de se calmer un peu, une part de nous-mêmes se demande comment on va bien pouvoir vivre sans plus éprouver un certain nombre de sensations, sans vivre des expériences qui, jusque-là, non seulement nous plaisaient pas mal, mais aussi signifiaient un certain nombre de choses qui nous rassuraient un peu sur le monde, parce qu’elles témoignaient de la survivance de quelques désirs de vivre, de quelques volontés de puissance qui sont voués, à terme, à faire l’objet de condamnations multiples, et sans nuances.

De toute évidence, un certain nombre de choses seront, à l’avenir, interdites. Puis arrivera un jour où il ne sera plus nécessaire de les interdire, car elles seront tout simplement impossibles. Tout comme on ne peut pas sauter du trentième étage sans se faire un peu mal à la réception, il sera un jour impossible de remplir de carburant le réservoir d’un pick-up pour aller cramer cette énergie en plein désert, « gratuitement ». Parce que la quantité de super nécessaire à remplir une telle citerne ne sera plus disponible sur le marché, la consommation d’énergie sera contingentée, limitée, surveillée, disons-le tel que ce sera : rationnée. Il y a une autre option cependant, mais ça s’appelle la guerre de chacun contre chacun, et elle impliquera la nécessité de posséder une arme pour tout conducteur en possession d’un véhicule dont le réservoir pourra contenir plus de 20l de liquide raffiné.

On comprend mieux que les politiques n’aient que le mot « résilience » à la bouche. C’est la façon rassurante de dire qu’il va falloir faire le deuil d’un certain nombre de choses. La retraite, la santé, l’éducation, les loisirs et, d’une façon ou d’une autre, la consommation d’énergie pour tout autre motif que l’impérieuse nécessité de se rendre au boulot.

On sent bien que certaines marques commencent à avoir pigé le message : cette semaine, en particulier, on pouvait se désoler devant l’apparition simultanée, au cœur d’une marque aussi mal élevée que Dodge, d’un Hornet dont on voit mal ce qu’il apporte à la gamme dans laquelle il ne peut pas décemment s’intégrer tant il est insipide, et d’un concept électrique pas vraiment laid, mais aussi fade et convenu que peut l’être une muscle car des années 70 électrifiée en théorie (le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on manque de données techniques sur cet engin). Bref, Dodge rentre dans le rang, et il n’y a au sujet du Hornet que quelques vidéos extrêmement lentes montrant le SUV dans d’amples mouvement ralentis à l’extrême. On est à des millions d’années lumières du bruit et de la fureur censés accompagner, tels l’éclair et le marteau suivant Jupiter et Thor à la trace, tout modèle Dodge digne de ce nom.

On se dit que, si Dodge jette l’épée, il ne va pas rester grand chose dans l’univers pour se montrer bagnolistiquement irresponsables. Mais le désespoir n’atteindra que ceux qui oublient que, lorsque l’humanité est concrètement privée de quelque chose, elle peut compenser ce manque dans cet autre monde, dans lequel elle vit aussi, qui constitue son refuge : les images. Je prends toujours cet exemple parce qu’il est extrêmement manifeste : M-Town, utopie automobile créée par BMW pour y faire évoluer la dynastie de ses modèles très très dynamiques, est un espace imaginaire dans lequel la vie toute entière est organisée autour du plaisir automobile. Et il ne s’agit pas de virtualité : quand on regarde les spots tournés dans cet univers, les sensations éprouvées sont réelles, comme le sont celles qu’on expérimente au cinéma. L’argument qui veut que regarder une M3 se mettre à l’équerre dans un carrefour, et faire déboiter réellement le cul d’une M3 dans une intersection, sont deux expériences fondamentalement différentes, oublie un petit détail : la très écrasante majorité des êtres humains, y compris ceux qui sont passionnés d’automobile, ne franchiront jamais le seuil d’une M3, et devront se contenter, toute leur vie, de voir ce modèle déraper du cul sur leur écran. Pour l’écrasante majorité des êtres humains, les bagnoles d’exception sont aussi virtuelles que le van de Scoubidou ou la Batmobile.

C’est ce qu’a bien compris, aussi, la division américaine de Ford, qui malgré l’ambiance peu propice au tonnerre mécanique, révèle néanmoins un F-150 plus enragé que jamais dans sa déclinaison Raptor R. Tirant tout ce qu’il y a à exploiter d’une appellation sur laquelle Steven Spielberg pourrait demander quelques droits d’auteurs, tant le nom, « Raptor », fait immédiatement penser à une scène d’anthologie de traque enfantine dans une cuisine de restaurant, cette version prédatrice du pick-up ford est à ses versions plus sages ce qu’un vampire est au commun des mortels : un être porteur d’une lourde malédiction. Mais bon, tout spectateur de Tim Burton le sait : quand une malédiction vous rend bien plus puissant que la moyenne, on peut se permettre de la prendre avec le sourire.

Bien sûr, Ford sait qu’il n’y a pas de place sur Terre pour un tel engin. Du moins, pas sur la Terre telle que nous la connaissons. Entre la planète et de tels consommateurs d’énergie, c’est la classique scène du « This town ain’t big enough for the both of us » qui est en train de se jouer. Mais peu importe finalement : si la planète refuse désormais de subir les griffures des quatre pneus de telles mécaniques, on peut leur concevoir, sur mesure, un univers taillé à leur échelle, sur lesquels elles ne commettront aucun dégât. Bienvenue, donc, dans les espaces infinis de l’imaginaire, où les pick-ups à la benne vide et au réservoir plein peuvent s’ébrouer sans susciter ni haine, ni réprobation, en parfaire liberté.

Et puisque ces espaces sont des territoires de fiction, autant pousser la logique jusqu’au bout et donner au Raptor R le premier rôle dans ce genre de film où, faire peur, c’est avoir le beau rôle. Direction, donc, l’univers Grindhouse, dans un mélange de références visuelles, tant aux réalisations de Carpenter, Romero ou Argento, qu’aux lettrages spectaculaire qui distinguaient les plus belles affiches des films d’exploitation. Parmi les références récentes, on pense évidemment à l’univers visuel de Seth Ickerman, que j’avais déjà évoqué en partageant le clip que ce duo avait tourné pour Carpenter Brut. Lauren Sick, réalisatrice de ce petit film dédié au pick-up Ford, reprend les éléments de style de ce genre de cinéma, terraformant une planète inconnue autour de laquelle orbite une Lune rouge sang, pour mieux la placer dans la perspective de la Bête bondissant à travers le ciel gothique pour mieux participer à l’éclipse lunaire, comme si cet engin avait la puissance d’abolir les lois de l’attraction universelle.

Mythique, cet univers se situe avant même la création du monde. On ne peut encore y faire de mal, même si on y est invité. Un levier de vitesses vient rappeler que les plaisirs interdits, avant d’être interdits, sont des plaisirs ; possibles, à portée de pied droit. Le désir se tend, se dresse sur la console centrale, à moitié menace, à moitié promesse de jouissance.

Fascinant.

Vous saviez, vous, que le mot « fascination » venait du latin fascinus, qui désignait l’organe sexuel masculin, au mieux de sa forme ? D’où le fascisme, aussi, dont le symbole était le faisceau, un manche constitué d’un tressage de fibres végétales, serrées le plus possible entre elles pour leur donner une implacable rigidité, dans lequel était fiché la lame d’une hache. L’ancêtre de Lucille en somme. Une masse de matière souple, qu’on alignait soigneusement pour, il n’y a pas d’autre mot, la bander. Et faire bander, un peu, aussi.

Voila, vous ne regarderez plus jamais le levier de vitesse érectile du Raptor avec les yeux qui étaient encore les vôtres il y a tout juste un paragraphe. A vrai dire, tous les leviers de vitesse du monde vont avoir pour vous, désormais, une allure nouvelle, et deux trois autres objets, aussi.

Ne craignez rien, ce ne sont que des images.

On n’a pas envie de lier ce regard porté sur le désir de puissance au fait que le spot soit réalisé par une réalisatrice, et non un réalisateur, histoire d’éviter de tomber dans les stéréotypes sur les représentations des unes, et des autres. Mais il est intéressant, aussi les yeux du bagnolard soient, pour une fois, les passagers d’une femme, et que celle-ci nous raconte quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec un quelconque accomplissement de soi dans la maternité, avec un soi-disant esprit inné de la responsabilité ou un très hypothétique trait de caractère particulièrement pacifique qui serait le résultat de la production d’estrogène et de progestérone. Rien de tout ça ici. On n’est pas chez Virginie Despentes, on n’est pas chez Julia Ducournau non plus. Mais déjà, on est chez une réalisatrice qui n’hésite pas à venir piétiner des plates-bandes sur lesquelles on ne l’attend pas forcément.

La publicité n’investit pas souvent l’esthétique des films de « mauvais genre ». Quand elle le fait, c’est généralement pour séduire ce qu’il reste de jeunesse dans une clientèle déjà un peu mature. On se souvient de Peugeot, sous la direction de Jean-Baptiste Mondino s’il vous plait, imitant Russ Meyer pour nous vendre la 205 Junior dans un improbable spot qui aurait très bien pu s’intituler Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! Ford nous refait le coup, avec les moyens techniques et les références qui sont les nôtres, aujourd’hui. L’image de Mondino était déjà impeccable, mais on passe ici à une toute autre dimension de puissance visuelle. On n’y perd pas en ironie pour autant : le spectateur sait ce qu’il regarde, il est conscient qu’on est en train de jouer à se faire peur.

Lauren Sick et Ford ne ménagent pas les effets. Flashes visuels, images énigmatiques qui pourraient tout à fait être croisées au détour d’une Lost Highway lynchienne, comme ce cactus en flamme au beau milieu de nulle part, rien ne fait vraiment peur, parce que le spot ne montre que les images, présentées comme telles, de ce qui pourrait faire peur dans la réalité si c’était réel. Or précisément, ici, rien ne l’est. Y compris le Raptor R.

Evidemment, le statut de l’objet est ambigu : le client américain pourra, réellement, aller acheter cette version absurdement puissante du pick-up Ford en concession. L’objet est réel, et il est possible qu’une fois lâché dans les rues, il fasse peur tout court. Après tout, il a tout de même bien l’air d’être lui-même cette machine vorace semant la peur dans son sillage, absorbant à travers sa calandre grande ouverte ce qui reste d’air respirable sur cette planète, pour ne restituer via ses échappements que de l’asphyxie. Il faudrait au monde une sacrée dose d’éducation pour comprendre qu’il y a des engins qui ne sont terribles qu’au énième degré, que certains objets n’ont pas d’autre rôle que d’être l’image d’autre chose qu’eux-mêmes, et qu’on peut mimer une force dont on n’a pas l’intention de faire usage, comme on porte à la ceinture une arme non chargée, juste parce que ça donne une posture qu’on aime bien. Et qu’on peut parfois dépenser une énergie folle pour faire semblant de dépenser une énergie folle. Evidemment, c’est un peu crétin. Mais des fois, on est un peu con.

Ces engins posent leurs pneus, très exactement, sur le fil du rasoir. Et vu leur poids, on devine à l’avance vers quelle issue ils roulent. Arrivera ce qui doit leur arriver : tels des baleines échouées sur le sable, ils vont s’effondrer sous le poids de leurs propres organes mécaniques. Aucune espèce ne survit à la disparition de son propre écosystème.

L’être humain ne cesse d’observer sur grand écran comment le vélociraptor lui-même n’a pas pu survivre dans une nature qui n’était plus taillée pour lui.

S’il y a, dans une ère qui ne sera pas la nôtre, une créature capable d’observer à distance, comme un fait historique lointain, le sort d’une humanité broyée par sa propre puissance, elle donnera sans doute à ses propres productions démesurée un nom qui leur donner une allure un peu catastrophique : dans cet hypothétique et très lointain futur, Human devrait procurer, sur un public un peu sujet à la fascination, quelques sueurs froides. Et si ces êtres sont dotés de corps caverneux, ceux-ci devraient dans un réflexe archaïque, tels des cylindres de dimensions généreuses parés à exploser, goulûment, se remplir.


On se le regarde, ce film ? Deux versions sont proposées, tout d’abord le Director’s cut de Lauren Sick, puis le montage choisi par Ford. On ne va pas les commenter, mais les nuances sont intéressantes, comme souvent dans ce genre d’exercice :

Et si certains ne se souvenaient plus du film de genre réalisé par Mondino pour la 205, le revoici :

7 Comments

  1. Hum, les Américains ont l’air plutôt pragmatiques :
    https://fr.motor1.com/news/605145/dodge-hornet-14000-commandes/
    Il va s’en vendre la-bas six fois plus la première année que de Tonale sur l’ensemble de sa carrière en Europe 😀

    Quant à la nouvelle Charger (qui est un coupé, oh wait, c’est pas une Challenger du coup ? Ah bein non) électrique qui fait un bruit digne d’un film de Sci-Fi des années 80, no comment :
    https://www.youtube.com/watch?v=04aC16jXJng&t=660s

    Crépuscule découvrable : https://droptopchallenger.com/

    Hystérie Made In USA !

  2. En fait, on a du mal à imaginer que Dodge puisse, tout simplement, continuer à avoir une raison d’exister dans le monde automobile tel qu’il se profile. Le Hornet peut bien enregistrer des commandes, je doute qu’il soit considéré, par les Dodgistes, comme une Dodge. Le cabriolet, même si ça doit être sympa, me semble un peu hors sujet aussi, comme si c’était déjà une forme de concession, de perte d’identité, quant au concept électrique, plus je regarde des images (et tout particulièrement cette séance de dévoilement), plus le mot qui me vient à l’esprit est « pathétique ». Il y a quelque chose de terriblement naze dans ce faux son, dans cette référence à F&F, alors que l’engin a tout l’air d’être le corbillard destiné à ceux des personnages de la franchise qui ne sont pas encore passés de vie à trépas !
    Bon, je suis en train de balancer dans la réponse à ton commentaire tout ce que j’avais en stock pour de futurs articles ! 🙂
    Mais c’est chouette de te voir de retour !

  3. Un monde s’en va, un autre arrive… Et nous sommes ici tous les futurs vieux cons détenteurs de l’à venir « c’était autre chose! » avant. Et en plus on le voit venir, de loin. Et en plus d’en plus on ne peut rien y faire. Mais on peut déjà anticiper notre statut de vieux con et gueuler dès aujourd’hui que ce sera mieux avant. Pas mal déjà. Les devenus vieux cons n’ont pas tous eu cette chance face à un bouleversement, souvent soit plus soudain soit plus insidieux.
    Mais est-ce déjà mieux avant d’être pire ? Il suffit de sortir de chez soi pour êtres dès les premières centaines assommé par la beauferie ambiante, si fière d’elle même, qu’elle se porte en Sandero ou en Porsche SUVsuréquipégrisnoirfaussementplaquéCorse qui squatte nos routes et rendent déjà les choses aussi chiantes qu’elles le seront plus tard quand toutes ces victimes d’injonctions qui les dépassent nous produirons la même uniformité déprimante avec leurs bouses électriques qui auront remplacé leurs bouses thermiques…
    Dodge, comme Alfa, mais encore Mazda, Ducati ou pas mal d’autres ont encore de quoi nous « fasciner ». Il n’y a pas que ta tête de turc Tonale/Hornet, si nécessaires et conformes à l’injonction ci-dessus et donc chiants que caresser leur levier ne fera jamais se dresser le nôtre…
    Et va savoir, qui dit que notre organe, comme il trahi si souvent certains de ses porteurs tardivement dans la trentaine, se trouvant fasciné là où il ne devrait pas et remettant ainsi tant de certitudes en question, ne se trouvera pas un jour nous trahir face à une beauté électrifiée qui au final nous ensorcellera contre toute attente comme papamecànana se retrouve avec une fascination fort malvenue face à son pote de salle sport. Trahison suprême ! Mais moins bouleversante car contrairement au pote en question, la belle électrifiée n’aura même point de levier.
    Quant-à la référence Mondino, je te propose une variante, qu’on pourrait remettre à jour en lieu et place de la Pigeot 265 avec le Hornet, mais aussi tous les Q machin, les X truc, les Toy à son papy, et toute la compagnie:
    https://www.youtube.com/watch?v=TxxqGblEcj0

    • Wow, l’article t’a bien inspiré !

      Je vais prendre le temps de te répondre, dès que j’ai un petit moment devant moi.

      Mais le nouvel article devrait, je pense, te plaire !

      Merci d’avoir pris le temps de rédiger ce billet d’humeur (et les Nuls, évidemment, avaient saisi bien des choses bien avant tout le monde !)

    • C’est marrant, en relisant plusieurs fois ton envoi, je me rassure un peu en me disant que finalement, si on est désenchanté, c’est parce qu’on aime quand même encore un peu l’automobile, et qu’on a du mal à retrouver les raisons de cet amour dans la production actuelle, et dans ce qu’on croise dans les rues. Mais je me demande si finalement, l’automobiliste des années 60/70 ne se disait pas un peu la même chose devant une Renault 6, puis quelques années plus tard devant une Renault 9 ou une Visa. Il y a sans doute toujours eu des voitures qui n’étaient que des moyens de déplacement.
      Par contre, ces produits ne faisaient pas, en plus, les malins. Ils se la jouaient modestes et, s’ils voulaient épater la galerie, ils se transformaient pour de bon. La Renaul 9 Turbo avait une bonne petite allure, la Visa dans ses déclinaisons sportive était subitement (et étrangement) géniale.
      Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment d’exception, puisque tout est censé être exceptionnel, le moindre cube sur roues doit être spectaculaire, over-designé, et le résultat, c’est qu’on est un peu blasés. Si on ajoute à cela le trouble suscité par le manque d’expériences physiques, de sensations corporelles que propose la voiture électrique, on se retrouve un peu anesthésié par l’automobile contemporaine, et on a tendance à ne pas y trouver notre compte, tout en se disant que, de toute façon, il est devenu un peu irresponsable de concevoir, produire, vendre, acheter et utiliser des bagnoles telles qu’on a pu en connaître, et en aimer.

      Pour autant, il faut espérer que l’excitation puisse encore nous ébranler un peu, malgré l’âge avançant, et malgré le cadre contraignant dans lequel les bagnoles devront définitivement être conçues. J’ai l’intime conviction que c’est depuis les modèles les plus populaires et les plus simples qu’une telle renaissance peut se faire, peut être même en deçà de ce qu’on considère aujourd’hui comme relevant de « l’automobile ». Et il est possible que le contexte économique pousse dans cette direction, aussi.
      Je ne sais pas si une telle révélation fera l’effet « salle de sport » que tu décris. Je ne suis pas certain que l’automobile puisse provoquer des forces d’attraction aussi puissamment profondes que les autres corps. Mais j’espère quand même que quelque chose puisse arriver dans cet univers ci, parce qu’il y a un lien entre l’homme et la mécanique, et que l’automobile demeure l’objet le plus susceptible d’entretenir ce lien.
      Enfin, je me faisais cette réflexion : c’est pas un peu tôt, la trentaine, pour les pannes ? 🙂

  4. Ce blog illustre tellement ben la bipolarité à tendance schizophrénique qui envahit les bagnolards un peu réalistes, à l’image de son auteur.
    Oui, on kiffe les grosses mécaniques brutales, comme les Dodge, les M, les AMG, les Carrera GT, les LFA, et tant d’autres, selon le goûts, mais on se résigne chaque jour un peu plus à l’idée que ces mécaniques n’ont plus que leur place dans l’imaginaire ou de la vidéo.
    Par nécessité, par leur futilité. Mais on y peut rien, on aime, parce qu’on a approché (ou cru approché), on a pensé qu’un jour, peut-être, on pourrait mettre les fesses dedans. Et ça a même pu arriver en vrai.
    Alors oui, on peut déplorer ou se moquer de ce que tente Dodge pour survivre, comme tous les constructeurs auto qui tâtonnent devant le fait accompli.
    Mais il y a une chose qui n’a pas changé, que tu soulignes bien Manu34, c’est l’incapacité de l’être humain à se soustraire à l’influence de l’image, à préférer s’acheter du rêve, à prioriser ce qu’on va dire de lui.
    Et qui fait que la majorité des constructeurs proposent des SUV électriques toujours plus gros, plus lourds, plus bling-bling, plus sur-équipés. Bref, totalement contre-productifs, comme le souligne JC dans son dernier article.
    Bref, ca marche sur la tête. Et je ne sais pas pour vous, mais moi, ça creuse le malaise ! Oui, j’ai un côté « vieux con », parce que le passé se teinte toujours de sa plus jolie nuance pastel, mais aussi « jeune pragmatique », parce que ca part en coui****, et que je ne peux pas sauter en marche avec ma famille !

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