Atone

In Alfa-Roméo, Tonale
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Onze mois sur douze, quand ça sent le sapin, c’est pas vraiment annonciateur de réjouissances. On est en février, et Alfa-Romeo dévoile son nouveau modèle. Si on appelle « événement » ce qui n’arrive pas vraiment tous les quatre matins, ça devrait être un événement : on ne sait même plus depuis combien de temps on attendait que la marque dévoile quelque chose qui pourrait ressembler à une nouveauté. Quant à une révélation un tant soit peu enthousiasmante, autant dire qu’on peut chercher loin, très loin dans nos mémoires. En théorie donc, le dévoilement du Tonale aurait dû être un événement. Mais voila. En réalité, on le connaît déjà, et depuis un bon moment, puisqu’il avait été précédé d’un concept, de même nom et même formes, présenté à Genève en 2019. Et, pour être honnête, le concept n’avait pas donné une énorme envie de découvrir davantage le modèle de série. C’est dire où on en est de la relation, jadis passionnelle, avec Alfa-Romeo.

Le Tonale est, malheureusement, une bonne illustration de la fantastique aptitude de la marque turinoise à faire, vraiment, n’importe quoi. A vrai dire, ce n’est pas tant que ce SUV soit laid, c’est avant tout que ce soit un SUV. D’abord, parce que la marque en propose déjà un, à peine plus grand que celui-ci, et qu’on voit mal ce que le nouveau apporte de plus que le Stelvio. Pour être honnête, on ne portait vraiment le Stelvio très très haut dans notre estime, mais on comprenait à peu près sa place dans la gamme. Là, on saisit nettement moins l’idée. Posé sur le chassis du Jeep Compass, le Tonale fait tout de même 12 cm de plus que celui-ci, entièrement acquis sur les porte-à-faux, d’où cet air totalement empoté qu’il affiche, mal assuré sur ses voies trop étroites et trop proches l’une de l’autre. Ni compact, ni généreux en taille, juste le cul posé entre deux chaises. Et puis, pardon, mais si à la rigueur une marque comme Peugeot peut se conjuguer correctement en mode SUV, il y a en revanche dans les gènes Alfa une exigence de légèreté, d’agilité, qui a le plus grand mal à s’incarner dans les volumes patauds et le poids éléphantesque de ce genre de silhouette. Alors, à la rigueur, un SUV dans la gamme, pourquoi pas. Mais deux à ce point proches, et ce dans une gamme réduite au strict minimum, ça ressemble à une crise identitaire majeure. Manquerait plus que la Mito soit un jour remplacée par un SUV urbain…

Si encore il y avait dans la gamme une berline digne de celles qui l’ont précédée, mais la Giulia est malheureusement ce genre de fille qui a voulu renier ses racines, la jouer bourgeoise et dédaigner ses origines populaires. Un peu comme ces jeunes femmes qui, parce qu’elles ont vu Kim Kardashian ou Beyonce porter le cheveu hyper lisse et le sourcil hyper dessiné, vont chez l’esthéticienne du coin tenter de reproduire sur elles-mêmes une pâle copie de ce modèle, histoire de paraître plus riches qu’elles ne sont, mimant la vie de « la haute » sans avoir les moyens de se la payer pour de bon, la Giulia a voulu se confronter à des modèles de taille équivalente, destinés à une clientèle nettement plus friquée que celle qui s’achetait jadis des 159 ou, plus originellement encore, des 156. Et c’est ainsi qu’une marque populaire a voulu, d’un coup d’un seul, devenir la coqueluche de la petite minorité de la population humaine capable de claquer vraiment beaucoup de fric pour s’acheter une machine exceptionnelle. Mauvaise idée : à ce seuil de prix, le client vise autre chose. Et entre autres, il a envie d’un dessin un peu plus inspiré que ce que propose la Giulia.

Le Tonale produit une impression un peu différente : moins prétentieux peut-être, mais on sent beaucoup trop qu’il s’agit en fait d’un contenu technique issu d’une autre marque, emballé dans une forme qui se concentre sur un seul objectif : donner l’impression qu’il s’agit d’une Alfa-Romeo, sans autre volonté de beauté, d’harmonie, de caractère. Bilan : on se désintéresse par avance de ses caractéristiques techniques, et on ne tombe pas, non plus, sous le charme de ses formes. Carton plein, donc, mais à l’envers. Du coup, on regarde les visuels partagés par la marque comme on regarde un peu par mauvaise habitude les posts de son ex sur les réseaux sociaux, en se demandant comment on a pu, dans une autre vie, en être amoureux, et en ne regrettant vraiment pas une seconde de ne plus partager sa vie.

Parce que, physiquement, ça va pas trop. Si cette carrosserie était sortie il y a 15 ans, on aurait pu lui accorder le bénéfice d’une forme de doute. Mais sortir ce véhicule alors qu’entre temps, tout particulièrement, Peugeot a montré comment un SUV construit par un généraliste pouvait, tout simplement, avoir vraiment de la gueule, c’est se comporter comme si le reste du monde n’existait pas, et comme si pendant qu’à Turin on dort à poings fermés, les autres marques, elles, n’avançaient pas sur le chemin de l’histoire. Du coup, paradoxalement, ce Tonale permet, par ses insuffisances stylistiques, de comprendre tout le chemin que le design automobile a parcouru depuis une grosse dizaine d’années. En particulier, on saisit très bien, en le regardant pourquoi on a vu fleurir les calandres constituées de plusieurs étages d’éléments d’éclairage. Alfa a décidé de ne pas suivre cette voie, et voici le résultat : une face avant bancale qui ne parvient pas du tout à se connecter correctement au reste de la voiture : le capot, naissant trop haut au pied de la baie de pare-brise, tente sans y parvenir de rejoindre l’altitude à laquelle se trouve l’ensemble constitué par la calandre et les projecteurs. L’impression que ça donne, c’est que la masse constituée par le bloc moteur s’affaisse sur le train avant, et dégouline en avant de celui-ci. A ceci il faut ajouter un problème qui vient de la structure technique choisie : le train avant n’est pas suffisamment en avant, trop proche du pare-brise, avec deux conséquences classiques : l’absence de cote de prestige, et l’obligation d’augmenter le porte-à-faux avant. Et de toute évidence, s’il y a une chose qu’on ne sait pas faire chez Alfa-Romeo, c’est camoufler ces proportions ingrates par des artifices de style.

On glosera prochainement sans doute abondamment à propos du physique de la prochaine BMW série 7, mais au moins, à Munich, on essaie de trouver une solution aux problèmes que pose actuellement le dessin des faces avant.

Pour autant, y a-t-il des artifices de style ? Oui, mais pas là où il faut. Un des éléments problématiques, on l’a dit, c’est le capot : contraint par les exigences techniques et sécuritaires à être implanté trop haut, il ne dispose d’aucun travail de sculpture permettant de mettre en scène sa pente vers la calandre. Là où, pour ne prendre que cet exemple, toutes les autres marques du groupe Stellantis, travaillent énormément ce point, chez Alfa ils ont traité le capot du Tonale en mode « Allez, ça va le faire ». Résultat : une pièce sans caractère, qu’on ne regarde pas vraiment, préférant concentrer son attention sur cette seule pensée : les proportions sont complètement bancales. En revanche, le bouclier est, lui, plus travaillé. Comme chez toutes les autres marques, des reliefs simulant des prises d’air viennent animer les angles du bouclier, pour réduire visuellement le porte-à-faux. Tout irait à peu près bien, si ces reliefs ne faisaient à ce point penser à ceux qu’on trouvait, au même endroit, et sous la même forme, sur le bouclier des Zoe de première génération. Et sans sous évaluer le design de la Zoe, on peut dire que si une Alfa-Romeo évoque la compacte électrique de Renault, c’est qu’il y a quelque chose de fondamentalement raté dans son dessin.

Ajoutons ceci : les simili prises d’air raccourcissent visuellement le porte-à-faux, mais elles ne jouent ce rôle que sur la partie basse de la face avant. Du coup, toute la bande constituée par les optiques et la calandre se trouve projetée vers l’avant, ce qui donne l’impression d’une position déséquilibrée par rapport à ce qui fait la masse de la voiture. La conséquence, et c’est vraiment dommage, c’est que l’intégration assez réussie de la calandre ne produit pas l’effet escompté. Au lieu d’admirer ce travail consistant à sculpter le traditionnel scudetto Alfa en le délimitant par un simple cadre en relief soigneusement enchâssé entre le bouclier et le capot, on oublie visuellement cette jolie pièce en n’ayant en tête que cette impression d’avoir à faire à une des ces illustrations mal faites, pronostiquant le visage que pourrait avoir le prochain SUV Alfa, en collant maladroitement le faciès à peine modifié d’une 156 sur le corps d’un SUV lambda d’une autre marque, dont on aurait un peu arrondi le vitrage latéral, histoire de faire, genre, Alfa.

On en parle, de la vue de côté ? On pourrait résumer ça ainsi : si vous avez un doute sur l’orthographe du mot flanc, et si vous êtes tenté de l’écrire sans le c final, rassurez-vous, dans le cas du Tonale, les deux orthographes peuvent tout à fait convenir. Pour le dire autrement, on oscille entre mollesse et maladresse. En fait, on a l’impression de voir des élèves appliqués mettre en œuvre les méthodes qu’on leur donne sans comprendre une seule seconde à quoi elles servent. Du coup, à aucun moment on n’a l’impression que l’équipe de designers ait vraiment travaillé, au sens où elle ne semble pas avoir conçu ce qu’elle nous propose. Rien ne semble être justifié. Le vitrage, qui remonte vers une custode haut perchée, ne présente aucun caractère particulier. Les volumes vaguement sculptés, creusant les flancs pour faire ressortir les ailes, ne semblent chargés d’aucune force. On a l’impression qu’ils ont été générés par la nécessité de respecter les cotes du châssis, et que personne dans le bureau de style n’a eu une quelconque idée à proposer pour prendre ces contraintes en main, et en faire quelque chose. Bilan, à part le fait qu’il n’y a rien à en dire, il n’y a rien à en dire. Vous voulez une preuve de cette totale vacuité ? Ca va être un peu cruel, mais cette preuve, c’est la marque elle-même qui la donne.

Voici la vidéo dans laquelle le patron du design Alfa, Alessandro Maccolini, présente lui-même le style de ce Tonale.

Y a t-il quoi que ce soit à en tirer ? Une idée ? Une intuition ? Une ligne directrice qui permettrait de capter une volonté, une orientation ? Non. Rien. Le discours est tellement vide que si on s’y baladait sans combinaison pressurisée, on y serait immédiatement compressé par la force d’attraction que nos particules exerceraient les unes sur les autres. Je ne vais pas me livrer à un quelconque jugement sur le physique, parce que ça ne se fait pas, et je l’ai déjà suffisamment fait à propos des têtes pensantes d’Audi, mais on pourrait au moins dire ceci : Alessandro Maccolini a ceci de très rassurant dans le monde du design, qu’il ne surjoue pas physiquement sa fonction : pas de costard méticuleusement choisi pour donner une leçon d’élégance au monde entier, pas de coupe de cheveu définie par un service marketing au grand complet. Le designer vient à l’image simplement comme il est, naturellement. Mais cette allure ne marche pas du tout quand elle est une sorte d’écho au manque total d’inspiration stylistique du produit lui-même. Et à vrai dire, Alessandro Maccolini ne semble pas incroyablement motivé par la promotion du nouveau venu. Rien en lui n’exprime une quelconque passion pour cette voiture, comme si elle était, simplement, le résultat des contraintes qu’on a imposées à son bureau de style, et que rien n’avait permis d’éviter d’aller, résolument, dans le mur.

On peut trouver, parfois, que chez Peugeot ils en font des tonnes sur chaque détail de leurs nouveaux modèles. Mais au moins, il y a une forme d’enthousiasme, on sent qu’ils se sont battus pour obtenir un résultat dont ils sont fiers. Et mine de rien, le look d’un modèle Peugeot est l’expression du travail que les designers ont réalisé pour que le dessin originel se retrouve dans le produit visible en concession. Quand ils évoquent le boulot mené avec les carrossiers pour obtenir une largeur de hanches qui impose une découpe de porte arrière vraiment délicate à industrialiser, on peut constater qu’effectivement, tout ça a dû être un peu compliqué à réaliser. Sur le Tonale, il n’y a absolument aucun détail qui donne cette impression. Et tout particulièrement, on ne peut que remarquer la platitude incroyable de la découpe de porte arrière avec cette ligne verticale qui monte, le plus connement du monde, du passage de roue vers la courbe du vitrage. Aucun relief, aucune mise en scène, aucune solution stylistique pour cet élément qui est pourtant une clé de l’allure générale de la voiture. Histoire de se faire un peu mal, je vous prépare pour les jours qui viennent un petit article sur l’aile arrière du nouveau Kia Niro. Et on est sur un tout autre niveau de réflexion, de travail, et de résultat. Voila où on en est : on peut admirer le boulot de design mené sur une Kia, pendant qu’on baille d’ennui devant une Alfa.

Un truc, quand-même, à retenir : Alessandro Maccolini évoque l’évolution des jantes dans les dernières décennies, pour aboutir à ce constat : le Tonale est chaussé en 19 et 20 pouces. Pourtant, les roues semblent petites sous cet engin. C’est dire à quel point rien, dans le dessin, ne parvient à restituer l’effet de légèreté qui est censé être le signe distinctif d’une Alfa.

Alors, certes, on pourrait écrire quelque chose d’élogieux sur la signature lumineuse arrière. Mais on a du mal à le faire, d’abord parce qu’elle ne peut à elle seule susciter une satisfaction générale ; ensuite parce que ça fait un moment que d’autres marques ont produit les effets visuels que met ici en œuvre Alfa-Romeo. Et en regardant cette mise en scène optique, on pense moins à la marque turinoise qu’aux effets de style déjà vus chez Renault, et chez DS, le tout emballé dans un volume général qui fait penser à ce que fait Jaguar quand la marque anglaise dessine, pas très bien, un gros SUV.

Reste l’intérieur.

On n’attend pas forcément d’Alfa une révolution architecturale qui bouleverserait durablement la façon dont on conçoit le mobilier intérieur d’une automobile, ou la structure d’une planche de bord. D’autres, chez Stellantis, ont ce genre de mission, et on sent bien que chez Peugeot et Citroën, on se donne comme objectif de proposer des choses radicalement nouvelles sur ce plan. Pour autant, Alfa Romeo n’est pas Opel non plus, et on serait en droit d’attendre de ce Tonale une ambiance intérieure en phase avec le blason se trouvant au centre du volant. Sans doute, chez Alfa, est-on un peu paralysé par cette attente, au point qu’on ne sache plus quoi proposer d’autre qu’une version upgradée du combiné d’instruments qu’on trouvait sur la 156. On verra « en vrai » ce que donnent les matériaux, mais si on s’en tient aux formes qu’on a sous les yeux, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas submergé par l’étonnement. Surtout, encore une fois, certains détails frappent par leur aptitude à nous ramener à un passé dont on aimerait bien que la marque, un jour, parvienne à s’extraire. Ainsi, la mise en place du levier de vitesse paraît manquer, singulièrement, d’esprit. Si on isole cet aspect du reste de la voiture, rien ne permettrait de se dire qu’on est dans une Alfa, ni dans l’implantation, ni dans la forme, ni dans la matière. Alors, évidemment, on a les gimmicks là où on est censé les trouver, les aérateurs ronds comme il faut sur les côtés (mais alors, pourquoi cette ligne de buses parfaitement génériques au centre ?), les compteurs ronds au fond de leur puits, tout ça est là, mais semble relever désormais d’une sorte de folklore, un peu comme dans ces fêtes villageoises au cours desquelles le groupe de danse local exécute quelques bourrées, quelques polkas. Alfa-Romeo exécute ses figures imposées, sans véritable conviction. Il suffit de regarder les sièges sans inspiration pour s’en apercevoir.

L’argument de vente, alors, c’est quoi ? On ne sait trop s’il faut en sourire, mais ce serait le fait que la bagnole soit vendue avec un jeton NFT, c’est à dire une unité de monnaie non fongible, censé assurer la valeur de l’auto dans le temps, dans l’optique de sa revente. Encore faudrait-il, pour qu’elle se revendre, qu’elle se vende tout d’abord. Encore faudrait-il aussi que la valeur de la Tonale puisse s’établir réellement, avant de l’être virtuellement. Ce n’est pas qu’elle soit sans argument. Après tout, ses motorisations ne sont pas ridicules, loin de là, même si elles s’appuient partiellement sur un genre d’hybridation que les pouvoirs publics vont rapidement avoir dans le collimateur (et à vrai dire, ils auront raison de le faire). Mais voila : une Alfa n’est pas censée s’acheter sur des critères rationnels, et ce d’autant moins que ces critères, d’autres marques réussissent très bien à les satisfaire. Ce qui manque au Tonale est finalement très simple. Et pourtant, c’est une des choses les plus délicates à proposer.

Ce qui lui manque, c’est le charme.


Une dernière chose ? Un détail, qui n’en est pas un. Alfa-Romeo propose un set relativement réduit de photographies montrant son nouveau modèle. Ce qui est frappant, c’est de constater la pauvreté visuelle de ces photographies, le site leur servant de décor faisant lui-même un peu pitié (le bon vieux hangar, avec la bonne vieille flaque d’eau pour faire la bonne vieille photo avec le bon vieux reflet…). Et un fait, révélateur : il n’y a aucun angle qui rende vraiment justice au dessin de ce Tonale. On peut le regarder d’où on veut, à aucun moment ça ne marche vraiment. Quant aux quelques photographies avec mannequin, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles manquent elles aussi, singulièrement, d’inspiration. Enfin, on cherchera, en vain, une vidéo un peu enthousiasmante mettant en scène le nouveau venu. En fait, on voit mal pourquoi, et comment, on devrait y croire plus que la marque elle-même.

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4 Comments

  1. Je te trouvais bien dur en introduction. Et puis j’ai regardé la vidéo… J’attends toujours de voir en vrai, mais effectivement, l’ensemble fait très basique. On voit sur Insta des SUV chinois bien plus travaillés.
    On dirait qu’ils sont restés bloqués aux années 80, quand ils pouvaient faire ce qu’il voulaient, les « tifosis » achetaient. « Une calandre « biscione », des jantes téléphones, ça va s’arracher ! »
    Il va peut être faire comme l’Ypsilon: se vendre uniquement en Italie !
    Curieux de lire ton retour sur le nouveau Kia Niro (ou du Jogger, nouvelle coqueluche de la presse auto 😀 )

    • Haha, tu lis dans mes pensées ! Je suis moi aussi tombé sous le charme de ce Jogger, qui a le talent d’être exactement tel qu’il doit être, alors qu’on n’attendait pas du tout cela de la part de Dacia ! Du coup, je vais me joindre au concert des louanges. Cependant, je sais déjà que je vais le faire en parlant de Kant, ce qui je suppose ne sera pas trop le cas des autres articles 🙂 Patience donc ! D’abord Kia, puis une pub Volvo qui n’est pas une pub Volvo, puis Dacia ! 🙂

  2. Dur. Très dur. Un vrai bastonnade en règle qui laisse ce pauvre Tonale KO debout…
    Hélas, le problème vient de loin, et Stellantis n’y est pour rien. Pas plus que l’Imperator, qui, si détestable soit-il par certains côtés, me semble avoir enfin compris tout ce que ses prédécesseurs récents avaient loupé. Et pour le coup me donne foi en l’avenir de la marque pour la première fois depuis 12 ans. LE problème pour moi est simple: les designers d’Alfa Romeo depuis 2005, post De Silva puis Egger donc, sont….comment dire sans paraître excessif…. mauvais. Vraiment mauvais. Ou plus exactement, ils n’ont rien à faire chez Alfa. Passons sur la marginale 4C mais sinon que nous ont-ils fait ? Tout d’abord une MiTo rondouillarde mais qui finalement vieillit plutôt bien, hors immonde replâtrage phase 3, dôtée d’un intérieur indigne. La moins râtée à mon sens de la période ceci dit dans le dessin. Puis vint une Giulietta grassouillette à souhait, dotée d’un regard aussi écarquillé qu’inexpressif et de guirlandes de Noël en guise de feux arrières. L’intérieur ? Bof… Résultat: une compacte plutôt sympathique mais on parle d’une Alfa, pas d’une X. Donc le compte n’y était pas, et loin s’en faut. Indigne d’une Alfa. D’ailleurs, bien que plus aboutie, elle se vendra moins que sa devancière, autrement plus sexy… Puis vint le crime, le gâchis ultime: les Giulia/Stelvio. Une fiche technique parfaite. Enfin !! Après des décennies d’errements plus ou moins heureux (et certains le furent effectivement plus que d’autres). Des merveilles, une évidence pour la Giulia, mais aussi le Stelvio, de loin le plus léger et agile de sa classe. Des merveilles….dessinées par des manches. Je le dis et je le pense depuis la Giulietta, je l’ai craint des années en amont: ces mecs vont tout gâcher. Et ils ont tout gâché ! Evidemment, les designers ne sont pas seuls en cause dans le processus allant de la planche à la validation finale. Mais pourquoi ont-ils tant échoué là où leurs prédécesseurs ont réussi ? Evidemment, Giulia et Stelvio sont parmi les plus désirables de leur catégorie, c’est d’ailleurs encore plus vrai pour la berline, mais où est la waouh? Où est le coup de foudre? Ou est la race? Rien. Du gloubiboulga stylistique au final assez joli mais sans grand charme. Ca, d’autres peuvent se le permettre, certains peuvent même se permettre de sortir des horreurs et les vendre comme des petits pains (j’ai dit Rav4 moi ? Noooon….). Certains peuvent se faire remarquer avec une jolie voiture comme la Giulia et susciter l’envie. Alfa ne peut pas. Une Alfa DOIT provoquer le coup de foudre. Ca, l’équipe de design en place sous Marchionne ne l’aura jamais compris. De coup de foudre il n’y pas eu depuis 2006.
    Cette triste période se referme aujourd’hui avec la présentation de ce Tonale. Je suis persuadé que Mesonero/ Imparato sauront faire beaucoup mieux que ça, sauront faire en sorte qu’on reste chez Alfa plutôt que d’aller chez Mazda si on veut un petit SUV rouge racé qui ressemble vraiment… à une Alfa. Par exemple…. En attendant il faudra faire avec ce truc un peu bizarre pour faire du volume et patienter. Il sera peut-être moins « râté » en vrai qu’en 2D; j’ai le souvenir des photos de présentation du GT en 2003 qui ne faisaient pas spécialement envie, alors qu’en réel c’était tout autre chose, et je me méfie encore donc… Mais hors cette calandre (assez grossière à mon goût, je serais moins indulgent que vous, il y a moyen de faire bÔcoup mieux là aussi), cette signature, sous plexis bien peu nets hélas, et quelques gimmicks, effectivement tout ça n’est pas très Alfa. Et, autre détail mais symptomatique de cette période; que dire de ces poignées qu’on dirait achetées en gros depuis 10 ans chez un fournisseur x asiatique et repassées d’un modèle à l’autre, sinon ce n’est qu’elles font pitié par rapport à leurs ainées ?…

    Bref, un modèle de transition, que l’équipe actuelle doit vendre sans avoir de responsabilité dans sa gestation. On l’oubliera…
    Que Mesonero nous fasse un vrai restyling de la Giulia. Il y a matière tant il s’en faut de peu ! Ca nous mettra du baume au coeur pour patienter….

    • Ca me fait bien plaisir qu’il y ait des interlocuteurs qui soient pris de l’envie de développer leur propos quand il s’agit d’Alfa-Romeo. C’est le signe qu’on a encore en tête l’identité de cette marque, et qu’on espère encore qu’elle puisse coïncider avec elle-même. J’y reviendrai sans doute un peu, mais malheureusement j’ai l’impression que ça fait un bon moment que les heureuses surprises sont rares chez Alfa. Et sans doute, comme les autres, la prochaine nous fera oublier les longues périodes de déception que nous aurons traversées. Je pense aussi qu’Imparato doit savoir, en gros, vers quoi il faut aller. C’est un baratineur, mais il a de l’intuition, et c’est un bagnolard. La question, c’est plutôt de savoir de quels moyens il disposera. Et il me semble qu’Alfa sera à côté de ses pompes tant que la marque ne retrouvera pas une forme de dimension populaire. Mais je crains d’être durablement déçu sur ce point !

      Merci, en tout cas, pour la lecture et pour le développement de la réponse !

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