Faut-il interdire ce blog ?

In Advertising, Art
Scroll this

Et si, en fait, on n’achetait des voitures que parce que la publicité nous y incite ? Et si, du coup, nous n’achetions pas les bonnes voitures parce que la publicité ne nous pousse à acheter que les plus mauvaises d’entre elles ?

Telle est la logique qui se tient sous la proposition d’amendement lancée par Matthieu Orphelin, député ex-LREM, et Delphine Batho, ex-PS, souhaitant interdire purement et simplement la publicité pour les automobiles qui ne seraient ni électriques, ni hybrides. Bref, on ne ferait plus la promotion des voitures thermiques. Cette logique applique à l’automobile les mêmes principes que ceux qui ont conduit à interdire la promotion de l’alcool et du tabac. Et Matthieu Orphelin pense que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Observant que le double effet de l’interdiction de la publicité, et de l’augmentation des contraintes pesant sur les consommateurs de tabac a permis de faire baisser la consommation de cigarettes, il en déduit que la même politique d’interdiction publicitaire et de contrainte budgétaire fera baisser, à son tour, la consommation d’automobiles.

Mais voila, même si on est bien conscient que cet amendement à la loi Mobilités n’a strictement aucune chance d’aboutir, et ce pour des raisons qui ne sont sans doute pas toutes très bonnes, il y a un problème plus grave, qu’il faut pointer : cette logique n’en est pas une.

Tout d’abord, l’automobile a ceci de différent, comparée au tabac et à l’alcool, qu’elle est nécessaire. Et on a beau retourner dans tous les sens la proposition d’Orphelin, on n’y trouve rien qui vienne compenser cette nécessité pour ceux qui la subissent. Qu’en milieu urbain, à la rigueur, on puisse considérer qu’il y ait un choix, pourquoi pas. Quoi qu’il faille nuancer énormément ce propos : la pratique des transports en communs parisien n’est pas sans risque de déshumanisation. Sur certains trajets, elle relève, si ce n’est de la guerre urbaine quotidienne, du moins de l’épreuve de force, qui oblige à se dégrader moralement pour privilégier sa place assise, contre celle des autres. Voyages debout, dans des rames bondées, incertitude quant au fait que la ligne ne connaisse pas une des mille raisons qui sont à l’origine d’un arrêt à la durée toujours incertaine. C’est bien beau de remettre le trajet quotidien de millions de personnes entre les mains d’un transport en commun, encore faut-il qu’on puisse avoir confiance en ces mains, et ce n’est pas le cas. Parmi les raisons qui font que ça n’ira pas en s’arrangeant, la privatisation, qui multipliera les acteurs sur ce service, disséminera les compétences, et surtout, enlèvera à chaque employé le sentiment que, même s’il est mal payé, il oeuvre pour le bien commun. Nous sommes en train de retirer ce salaire symbolique, et nous en paierons le prix. Imagine-t-on un ex-LREM s’opposer à ce genre de principe, profondément ? Pas vraiment non. Le voit-on militer pour un service public efficace en matière de transport en commun, avec des employés payés correctement et valorisés à la hauteur de l’importance de leur mission ? Non plus. Là-dessus, donc, pas de logique. On peut décréter qu’on mettra des bâtons dans les roues des automobilistes. On ne peut cependant pas décréter que les automobilistes n’ont plus besoin de voiture.

Le besoin d’automobile est lié à un ensemble complexe, qui ne peut s’envisager pour nous, aujourd’hui, qu’à l’échelle de notre civilisation toute entière. Mélange de nécessité quotidienne liée à notre manière tout à fait particulière de gérer le logement et le travail et d’orienter nos vies vers les lieux de consommation de tous ordres et d’aspirations culturelles qui ont à voir avec les rêves distillés par le cinéma, les clips et, en effet, la publicité, la voiture est une pièce cruciale dans les articulations de la vie telle que, pour le moment, on la conçoit. Et vouloir la supprimer sans jouer sur les autres pièces de cette immense mécanique, c’est vouer ceux qui en sont dépendants à des souffrances qui dépasseront la simple frustration de ne pas pouvoir utiliser leur voiture, et qui toucheront, en fait, à la totalités des dimensions de leur existence.

Et bien entendu, ce sont les plus fragiles qui morfleront. C’est toujours eux qui paient les pot cassés. On le sait d’autant mieux qu’on sort de plusieurs mois dont le point de départ est, déjà, le ras-le-bol de ceux qui dépensent plus pour leurs déplacements automobiles que ce que leur revenu permet de considérer comme raisonnable. Et vouloir relancer les mêmes causes, c’est s’assurer de produire les mêmes effets. Du point de vue d’un bon vieux matérialisme historique, on a tendance à se dire qu’on n’a qu’à continuer à ce petit jeu, mais on doute fort que du côté d’Orphelin et Batho, on soit à ce point à gauche.

Autre raison pour laquelle cette mesure n’est pas logique, c’est que quand bien même elle serait une bonne idée, elle ne peut pas être mise en oeuvre comme on l’annonce ici, et ce pour une raison simple : on ne punit pas les gens parce qu’ils ont fait ce que, depuis des décennies, on leur dit de faire. Car la publicité n’est que l’expression de cet air du temps qui est le nôtre. Et ça ne date pas d’hier : cette atmosphère, nous la respirons, en gros, depuis les années 60. Avec notre entrée dans la société de consommation, on a pris l’habitude de dire à l’écrasante majorité que, non seulement on peut se permettre d’acheter une voiture, mais que c’est même conseillé de le faire, que c’est un acte moderne, et patriotique; non seulement on fait marcher l’industrie, mais en plus on favorise tout le secteur marchand, qui dépend de l’aptitude des consommateurs à se rendre sur les lieux de vente et les endroits où ils pourront vivre d’onéreuses expériences. Et ce n’est pas seulement la publicité qui incite, c’est aussi l’Etat qui, à travers de multiples dispositifs promotionnels, facilite l’achat et l’usage de la voiture, tout en prélevant sur cet usage de multiples taxes, qui ne sont pas volées, certes, mais contribuent à alléger le budget de ceux dont, justement, chaque mois a tendance à ne plus s’autofinancer à partir du 10 du mois. Les fragiliser encore plus, c’est en réalité les dégoûter de tout effort écologique, et c’est faire croire indûment que ce sont eux les fautifs, et qu’ils méritent qu’on leur concocte une belle petite pénitence pour leurs années de sévices.

En réalité, le défi écologique se dresse devant nous tous, et non devant un certain nombre de vilains êtres humains qui ne vivraient pas comme il faut et devraient tout revoir à zéro dans leur vie. Disons ça autrement : si le combat écologique doit consister pour certains à imposer leur mode de vie à d’autres, alors c’est perdu d’avance. Parce que personne n’incarne, dans son comportement quotidien, la destruction de la planète. Et que personne, dès lors, n’a de titre particulier à pointer l’autre du doigt en lui disant « C’est de TA faute ! ». Chacun, évidemment, aura beau jeu de décréter que les autres devront désormais se passer de ce à quoi soi-même on n’a jamais eu à renoncer, pour la simple raison qu’on n’en a jamais eu besoin, ou que cet usage n’entre pas dans la gamme des habitudes culturelles qu’on a reçues.

Parions ceci : ceux qui souhaitent imposer, par la force, une telle distance avec la voiture doivent être assez éloignés, spontanément, de l’automobile. C’est tellement facile de prôner un sacrifice qui ne coûtera qu’aux autres. Mais ceux-là même, sont-ils prêts à entrer dans les transformations, réelles et beaucoup plus profondes, qu’imposerait le renoncement à la voiture ? Renonceraient-ils à des principes tels que la propriété privée des logements, par exemple, et leur réquisition par l’Etat afin de distribuer la surface habitable de façon rationnelle, c’est à dire de sorte à favoriser une véritable mixité sociale et à optimiser la distance entre les lieux de vie et les lieux de travail ? Mieux, puisqu’ils n’hésitent pas à dire que, après tout, tant pis pour ceux qui ont besoin de leur voiture, on ne fait pas de guerre sans sacrifice humain, accepteraient-ils qu’il y ait une incitation du même genre sur toute plus-value immobilière, de sorte que, n’étant plus appâté par le gain, les investisseurs se détournent de la spéculation sur ce qui relève du besoin élémentaire, afin de faire s’effondrer le marché, ce qui coûterait, finalement, surtout à ceux qui ont le plus investi, c’est à dire à ceux qui font grimper ce marché qui contraint chacun à travailler davantage, pour gagner davantage, par conséquent à produire davantage, pour une consommation sans cesse en croissance. Si on fait s’effondrer le marché de l’immobilier, on libère chacun d’une pression mensuelle délirante, et on limite, dès lors, énormément les déplacements qui se répètent, à l’identique, chaque jour. Mécaniquement, on se retrouve avec un réseau de transports en commun qui n’est plus en saturation permanente, et comme il devient de nouveau attractif, ceux qui décidément doivent encore se déplacer peuvent opter pour le transport collectif.

Bien, chez ces gens là, irait-on jusque là ? Non. Evidemment non. Disons cela autrement : c’est bien beau, ce vent en poupe que semble avoir l’écologie. Mais rappelons-le, aux élections européennes, c’est un grand classique : on vote écolo parce que, précisément, on se dit que ça ne risque pas d’avoir une quelconque conséquence sur la vie de tous les jours. Ça ne correspond à aucun engagement profond. Et pour le dire autrement : il n’y aura aucune transition véritable vers un monde plus écologique sans remise à plat de la répartition des richesses. C’est cette question d’abord, et l’écologie après. Pas parce qu’il y aurait là une hiérarchie de valeurs, mais parce qu’il y a là un ordre logique. Le niveau de pollution que nous engendrons est lié à une structure générale qui incite à produire et consommer pour satisfaire l’enrichissement de ceux qui se situent bien au-delà de cette consommation frénétique quotidienne de produits de grande série. Vouloir plier la population la plus modeste à une consommation vertueuse tandis que les humains les plus aisés continuent de tout se permettre, ça ne provoquera qu’une rage contre un tel ordre du monde, et ça ne satisfera que les plus aisés et les écologistes en qui ils verront, finalement, leurs propres chiens de garde.

Ajoutons, mais tout le monde commence à bien comprendre ce point, que vouloir interdire la publicité pour les voitures thermiques, tout en l’autorisant pour les véhicules électriques et hybrides, ça n’a aucun sens de façon générale, mais c’est carrément aberrant dans un pays comme le nôtre, où l’électricité est à ce point dépendante de l’énergie nucléaire. Il faut donc penser les choses en ces termes : une voiture électrique est une voiture nucléaire. C’est à dire qu’elle fonctionne avec des barres d’uranium dont on n’a à ce jour strictement aucune idée de ce qu’on pourra bien en faire pour les 100 000 ans qui viennent. Pour le moment, on les stocke dans des piscines, dans l’ignorance généralisée, de façon complètement inconsciente, et dans un déni qui n’a pas grand chose à envier à ce qu’on voit mis en scène dans la flippante série Chernobyl récemment dévoilée sur HBO. Poussons la chose plus loin : quand, aujourd’hui, on fait grimper le prix du carburant automobile pour en limiter la consommation, au moins on ne fait pas grimper le prix de l’énergie qui permet, au quotidien, d’alimenter les foyers et de faire tourner les frigos, les fours, et tout ce qui fonctionne à l’électricité. Mais faisons tourner les voitures à la même énergie, et on verra son prix grimper, pour la simple raison qu’on en sera intégralement dépendant. Ceux qui la vendent ne vont pas passer à côté d’une telle aubaine. Encourager la voiture électrique, c’est donc organiser, à l’avance, l’impossibilité pour les plus modestes d’accéder à cette énergie pourtant nécessaire. Et on imagine déjà quelques soi-disant écologistes s’en réjouir, décrétant que, de toute façon, si on ne contraint pas la consommation, elle ne baissera jamais. Qu’ils passent donc devant et montrent à quels sacrifices personnels de grande ampleur ils comptent se soumettre. Et ce n’est pas une salade au tofu qui nous convaincra : on les soupçonne d’aimer ça.

Enfin, pédagogiquement, s’il fallait vraiment peser culturellement sur ceux qui sont les plus attachés à la voiture pour qu’ils lâchent un peu le volant, la contrainte et l’interdiction ne seraient certainement pas la façon la plus habile de le faire. En effet, l’automobile correspond à quelque chose de si profondément ancré en ceux qui en font usage, qu’il sera très compliqué de déraciner cette habitude sans devoir recourir à une violence qui coûtera énormément en termes d’aptitudes à vivre ensemble demain. Alors, plutôt qu’entraver ou interdire, il faut parvenir à sublimer, c’est à dire reconnaître à quels mouvements intimes correspond l’automobile, et leur trouver une nouvelle voie d’accomplissement, qui soit moins problématique. Et la réponse consistant à mettre en avant le fait que, soi-même, on n’éprouve pas de plaisir particulier à ce genre de mouvement et, à cause de cela, à s’instituer en modèle de l’humanité, ne permettra pas de fonder quoi que ce soit. Comme le disait Freud, quand on tente d’éradiquer les pulsions, si on y met une violence suffisante, on peut penser avoir atteint le but poursuivi. En réalité, on n’a fait que déplacer le problème, et si celui-ci était jusque là patent, il deviendra latent, se dissimulant dans des phénomènes plus discrets, plus profondément ensevelis, et donc plus difficilement maîtrisables. Le risque qu’on court avec cette tentation de l’éradication de l’automobile, c’est qu’en croyant se débarrasser de l’objet, on provoque un phénomène plus difficilement repérable, de déplacement de ces énergies vers des comportements plus difficiles à encadrer encore.

Or la fiction est un terrain de sublimation. Le cinéma est, de façon évidente, le territoire imaginaire sur lequel le mouvement automobile peut trouver une poursuite qui ne soit pas écologiquement problématique. En Novembre sortira sur les grands écrans Le Mans 66. Et déjà, les fans de bagnoles se passent en boucle la bande annonce, parce qu’elle est une promesse de jouissance mécanique. La publicité est elle aussi un territoire de sublimation. A vrai dire, on pourrait même considérer qu’il le soit trop peu : souvent, l’art publicitaire, y compris en ce qui concerne les voitures, se limite à une simple réclame vantant tel ou tel équipement qui n’a rien à voir avec l’art de la conduite. Mais les films publicitaires qui donnent de la voiture une image, et donc une idée supérieure ne sont pas, seulement, une incitation à acheter et à cramer du carburant. Elles participent à la construction d’une automobile légendaire, qui n’a pas grand chose à voir avec ce que, massivement, les êtres humains achètent et utilisent. Ajoutons qu’une bonne partie des publicités pour les automobiles ont pour fonction, non pas d’inciter à acheter les modèles promus, mais à montrer à ceux qui regardent la pub’, à la télé, qu’ils n’ont pas les moyens de les acheter (on développera ça sur un prochain article). Or, provoquer l’envie n’a pas pour conséquence de doter les envieux des moyens de s’offrir ce qu’on leur met sous le nez. C’est juste le moyen pour ceux qui ont déjà acheté ces modèles de provoquer de l’envie chez les plus modestes. Car oui, on est comme ça.

Là aussi, ce qui est finalement déplorable, c’est qu’évidemment la mesure se contente d’être une annonce superficielle, qui prend bien soin de n’être pas si douloureuse que ça pour ceux qui sont déjà en position de force. On ne sait jamais, des fois que l’amendement serait, par surprise, voté, il ne faudrait pas que ceux qui le commanditent en fassent les frais. Concernant la publicité, la seule mesure logique, ce serait de l’interdire tout à fait pour couper court à l’incitation à la consommation généralisée. Puisqu’on a bien compris que la publicité n’existe que parce qu’il n’y a pas en nous de démarche spontanée consistant à consommer, et qu’il faut bien nous y inciter, fortement, interdire la publicité, ce serait mettre un coup d’arrêt à cette aliénation douce qui insinue 24h/24, qui nous glisse à l’oreille qu’on vit pour acheter, puis pour jeter nos déchets sur l’immense tas d’ordures qui sera notre leg aux générations futures. Entend-on de tels hommes et femmes politiques faire une telle proposition ? Ils s’en gardent bien, confiants qu’ils sont de pouvoir mettre notre salut entre les mains d’un marché dont ils sont, pourtant, tout à fait conscients du caractère profondément nocif.

L’existence ce blog répond, justement, à un questionnement portant sur ce qu’on peut encore légitimement faire autour de l’automobile, et sur la façon dont on pourrait encore élever le propos, à ce sujet, histoire de faire survivre cet art au-delà des problèmes auxquels il contribue. Si on est un jour restreint dans l’usage de quelque chose qui a pris une telle place dans nos vies, traçant d’immenses réseaux de goudron dans nos paysages, et sur la Terre, alors il faut trouver quelque chose qui compense la frustration énorme qui sera ressentie. Et ceux qui prennent par avance plaisir à les voir morfler, ces gros connards d’automobilistes, doivent être tenus loin du pouvoir. Ils ne cherchent pas à organiser le vivre ensemble, mais à instituer leurs faiblesses en norme et à prendre leur revanche sur un groupe dont, pour des raisons qui leurs appartiennent, ils n’ont jamais fait partie. L’initiative de Matthieu Orphelin va dans le sens inverse de ce qu’il faut faire, tout en évitant soigneusement de mettre les pieds dans le plat de sa propre cuisine. Le fait que, souvent, on prenne la peine de décortiquer le discours publicitaire pour en faire émerger les ressorts parfois troubles me semble mille fois plus efficace qu’une quelconque interdiction qui serait, de toute façon, facilement contournée.

Un jour viendra où ce genre de personnage demandera à ce qu’il n’y ait plus de voiture dans les films, à ce qu’on censure les poursuites automobiles et les parcours off-road, afin de créer un immense tabou autour d’un genre de mouvement auquel lui-même ne participe pas. Un jour, on pourrait imaginer interdire ce blog, en raison même de son attachement pour ce envers quoi il cherche à prendre un peu de hauteur. Le risque, finalement, avec cette façon de concevoir ce qui est à venir, c’est de nier que ce passé qui est le nôtre, qu’on connaît sous la forme d’un présent qui n’en finit pas de mourir, d’un épuisement planétaire de toutes choses, de nier que ce passé donc, ait pu être, aussi, une des formes de la culture. Si on oublie ça, alors on instituera comme nature quelque chose qui sera, en fait, factice, car il n’y a pas de nature, pour l’homme, qui ne soit transformation volontaire du monde. Proposer de, simplement, revenir à la nature, c’est nous inviter, tous, sur une route qui ne mène en réalité nulle part. Nous ne reviendrons pas à la nature, pour la simple et bonne raisons que nous n’en venons pas. Elle n’est pas notre destination. Il faudra donc en trouver une autre, et inventer le véhicule, nouveau, qui va avec. Il n’y a donc pas de projet pouvant consister à détruire la route, parce que nous roulons dessus. En revanche, cette route, nous sommes désormais appelés à la cultiver, et au point où nous en sommes, ça implique de la réinventer et, sans doute, d’accepter de davantage la partager.


Cet article est émaillé de publicités diverses. Elles ne sont pas choisies tout à fait au hasard, elles sont là pour illustrer la diversité des approches publicitaires quand il s’agit de mettre en scène l’automobile. Evidemment, il y a énormément de ruse dans ces spots et mini-métrages. Mais personne n’est naïf au point de prendre ces productions au pied de la lettre. Il y a là un jeu auquel on accepte de se livrer, mais qui ne nous enverra pourtant pas chez le concessionnaire acheter un nouveau modèle. Parce que ça ne marche pas comme ça. En revanche, l’attachement à telle ou telle marque a un lien, évidemment, avec les paysages sensoriels et conceptuels que dessinent ces publicités. C’est bien la preuve que l’automobile n’est pas un objet séparé du reste des signes et formes qui constituent nos vies. Elle est un pôle important de nos existences, et elle doit considérée comme telle, sans amoindrissement, mais aussi sans idolâtrie. Et au pire, si jamais ce genre de publicité devait être interdit (et c’est en réalité le cas, car certaines viennent de l’étranger, et ne seraient pas autorisées chez nous), il resterait l’immense corpus de celles qui existent déjà, qu’on peut regarder tout à fait indépendamment d’une quelconque intention d’acheter quoi que ce soit.

3 Comments

  1. Delphine Batho et Matthieu Orphelin posent un jalon, un caillou blanc et ils ont bien raison de le faire! C’est pour le court/moyen terme, entre 10 et 20 ans prochains. Tout risque d’être balayé. La révolution climatique va être totalement impitoyable après 2 degrés de plus. Les riches ne s’en sortiront pas mieux que les pauvres avec leur clim interdite et sans bagnole (où iraient ils acheter leur essence?). Leurs millions ne leur serviront pas à grand chose puisque de nouvelles milices post gilets jaunes les surveilleront de près. Il leur restera de tenter de se réfugier dans des lieux tempérés, s’ils existent encore. Il leur faudra risquer cela sur leur voilier, si tenté que des attaques de pirates ne les interceptent pas bien avant leur destination ou que leur embarcation n’ait pas été ou interceptée ou volée avant. Cargos et avions auront déjà débarrassé ciels et mers.. Sans saut technologique qui ne soit pas un nouveau gouffre à énergie, les voitures auront disparu bien avant 2050. Si on veut que la biodiversité ait une chance de ne pas être totalement éradiquée, et que l’humanité ait une chance de ne pas disparaître avant 2150, tous les changements seront inédits, et probablement apocalyptiques. Le goudron se verra encore quelques dizaines d’années et disparaîtra sous la végétation bien plus vite que les pierres des voies romaines qui existent toujours! Les quelques véhicules électriques rouilleront dans les jardins et retrouveront leur vocation de cages à poules.
    Tout cela n’arrivera pas si nous limitons le réchauffement à moins de 2 degrés. Mais nous n’y arriverons pas puisqu’il faudrait le faire dans un temps terriblement contraint, sous une forme de dictature verte. Trump va être réélu, comme symbole de ce refus planétaire de voir la catastrophe en face. Puis ce sera la dictature noire, pour empêcher les centaines de millions de réfugiés à envahir les zones tempérées, à moins que cela empire bien trop chez nous pour qu’ils aient de raison de venir ici et que l’étât de la planète soit finalement à peu près partout identique. Tout cela sans parler du développement des virus, de nouvelles pestes, etc…
    La voiture est donc d’ici une vingtaine d’année le cadet de nos soucis. Pauvres et riches à égalité dans la contemplation du vide sidéral de nos vies revenues à une forme d’age de pierre, luttant pour des lopins de terre à cultiver sous la chaleur, avec la merveille inouie de quelque ruches renaissant de la débâcle, les abeilles enfin débarrassées des pesticides!
    Ah la méchante écologie punitive! Mais sans elle, et vite, on est foutus!
    Tout cela semble bien caricatural ! Il y a peut être une logique intrinsèque au développement de l’humanité et à sa raison d’être sur une planète du systême solaire, qui empêchera le pire….absolument rien pour l’instant ne fait penser à une prise de conscience suffisante… tout juste minimale….et il y a comme une sorte de désespoir dans ta chronique du jour.

  2. mon commentaire ne s’est pas affiché…snif, je ne le recommence pas.
    L’automobile de grande diffusion a au maximum 65 ans, ce n’est même pas l’épaisseur d’un cheveu dans l’histoire de l’humanité…et si tout actuellement s’organise autour d’elle avec les bonnes et mauvaises habitudes prises, elle va nécessairement très bientôt rejoindre le cimetière des éléphants inadaptés aux dérèglements climatiques…. comme les camions, les cargos, les avions, les industries, peut être internet ! Il y a un tournant à prendre d’urgence, le tournant de la survie de la biodiversité dont l’être humain….les sacrifices vont êtres énormes, plus même, énormissimes, presque tout le monde actuel avec nos repères, va vaciller puis disparaître….et bien plus tôt que ce qu’on imagine si les pays développés croient avoir le temps de patienter et de s’adapter gentiment! La dictature verte noire sera d’autant plus sévère que nous attendrons pour prendre conscience de la catastrophe qui est devant nous avec 2 degrés et plus, le seuil irréversible et l’emballement du réchauffement….
    Matthieu orphelin et Delphine Batho ont raison de semer un petit caillou, mais il est trop petit! Les véhicules électriques ne règlent que les problèmes locaux, et disparaîtront bien plus vite que les thermiques qui ont eu droit à 100 ans de tranquillité!
    Prépare donc plutôt à trouver avec ta famille un bon lopin de terre à cultiver avec un grand chapeau pour vous nourrir sous 35 degrés au printemps dans une vingtaine d’années….en priant que ta récolte ne soit pas détruite par des tornades soudaines, ou que des gens malintentionnés viennent te la voler ! Ca va être le far west que tu sembles aimer au cinéma!

Submit a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *