Hollywood Boulevard

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On a bien envie de commencer cet article comme si on écrivait dans un des suppléments week-end du Figaro : 

Et si, en passant par LA. ces prochains mois, vous vous laissiez tenter par un détour au Petersen Museum pour y découvrir ces fantastiques automobiles que les génies d’Hollywood concoctent dans l’antre de leurs fabuleux ateliers pour le plus grand plaisir de vos yeux émerveillés ? Après un brunch dans une guest-house  prestigieuse que nous vous avons déniché sur les hauteurs de Beverly-Hills et une régate sur le Pacifique que vous pourrez réserver auprès d’un prestataire de services qui nous file pas mal de cadeaux pour qu’on vous le conseille, vous pourrez admirer la crème de la crème -comme aiment le dire nos amis californiens – des engins délirants que toutes les superproductions américaines imaginent pour vous entertainer. 

Bon, soyons honnêtes. Je ne vais pas, et vous n’allez pas non plus, faire un virée à Los Angeles pour aller voir la nouvelle exposition du Musée Petersen. On n’en a ni le temps, ni les sous. Et à vrai dire, mise en scène mise à part, c’est le genre d’exposition dont on pourrait presque se contenter de la playlist, pour se remémorer quelques films, plus ou moins bons (pour un amateur de bagnoles, un film avec de bonnes voitures n’est jamais mauvais, même si, en fait, il l’est fondamentalement), et en découvrir de nouveaux. Et si on a eu droit, récemment, à une vraie campagne de presse faisant la promotion de Movie Cars Central, qui propose à la location toutes sortes de stars automobiles de cinéma, à Los Angeles, on passe évidemment à la vitesse supérieure, parce qu’on est pour ainsi dire « sur place », dans l’élément même du cinéma et de la voiture, on est au beau milieu des espaces naturels de ces deux arts.

L’exposition du musée Peterson choisit de ne pas aller forcément vers les références les plus évidentes. Et si on croise des stars de la catégorie (deux Batmobiles, K 2000, une DeLorean bien connue), on y rencontre aussi des véhicules plus expérimentaux (un tricycle tiré de Star wars par exemple), plus « utilitaires », comme les icecream-trucks de Transformers, ou tout bonnement familiaux, comme le combi VW de Little Miss Sunshine. Il y a de tout, pour tous les goûts. Du connu, comme du passé inaperçu, de la tête d’affiche comme des rôles d’à peine figurant, du réaliste, et du délirant.

On peut ainsi fureter sur la page consacrée à l’exposition sur le site du Musée Petersen, ou bien se promener un peu sur le compte Instagram du studio photo Ted7, qui a saisi ces voitures pour constituer le catalogue de l’expo, qui devrait valoir le coup d’être commandé. 

Ici, on est surtout dans l’illustration. Finalement, dans la plupart des films présentés, la voiture est là pour elle même, elle n’est pas un moyen spécifiquement cinématographique. On ne retrouve donc pas le Chrysler Voyager de La Guerre des Mondes, ou la Dodge Challenger de Vanishing Point. D’ailleurs, la plupart des films évoqués ne sont pas des road-movies, ils utilisent la voiture comme un outil parmi d’autres, tout en ayant à coeur de proposer aux véhicules une place cohérente et crédible, y compris quand le récit se déroule dans un univers totalement délirant. 

Evidemment, comme on est un peu snob, on échangerait volontiers un peu de délire contre davantage d’exclusivité. On aimerait la Mercedes de la seconde partie de Lost Highway, le mobil-home de Paul, la Chevrolet One-Fifty de Two lane blacktop, l’Electra Glide de Electra Glide in blue, la 280E de Gerry, la Buick Roadmaster de Rain Man, la Subaru Outback de Love, Simon, le Dodge Ram Van de The Brown Bunny, le Checker Taxi de Taxi Driver… Bref, j’arrête de donner une bonne partie de ce qui, un jour ou l’autre, sera traité ici même. Evidemment, aucune exposition ne proposera des choix aussi pointus. Et à vrai dire, un tel rassemblement ne serait pas nécessaire. Ces voitures existent, elles sont disponibles, sur pellicule, sur supports numériques. Elles évoluent dans leur propre univers. Parfois, comme lorsque Spielberg décide, dans Ready Player One, elles se croisent, se poursuivent, parcourent en compagnie de leurs cousines tirées des jeux vidéo, les mêmes routes imaginaires. 

Nul besoin dès lors d’aller jusqu’à Los Angeles pour retrouver, immobiles, ces engins fantastiques. Ils roulent, et parfois ils volent, dans le plus beaux des paysages : notre mémoire. 


En bonus, une petite galerie : 

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