L’Eté en pente blues

In Art, Autoradio, Clips, Décibels, Ford
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3 coups répétés. Deux fois ; comme au théâtre. Puis la plainte d’une guitare chantée sur trois notes, lancinante. Sur l’écran, des peaux humides et lascives semblent attendre de la visite. Au loin, une navette spéciale s’approche, swap astral moitié Columbia, moitié Eliminator, projection façon NASA du hotrod qui, dans les années 80 était devenu le symbole de ce trio jouant, depuis les années 60, du blues de plus en plus électrifié dont ce Rough Boy fut le climax, le point d’apogée stellaire.

On doit la mise en image de ce slow sauce texane à Steve Barron, que tout le monde connaît au moins pour le clip de Billie Jean (de Michael Jackson, je le précise pour ceux qui arriveraient tout juste de la planète Mars) et une bonne petite volée de réalisations pour A-Ha, dont le fameux Take on me. Sur Rough Boy, il mettait en scène un futur déjà daté, usé jusqu’à la corde, une technique d’avenir périmée par avance, pour mieux souligner le passage en mode Afterburner du blues de ce trio porté par sa section rythmique désormais métronomique, quasi digitale. Le son très numérique, et presque froid de ZZ-Top dans les années 80/90 recevait dans ce clip et sur la pochette de cet album une allégorie, sous la forme de ce croisement entre navette spatiale et hot-rod sur base de Ford model B des années 30.

L’été est toujours meurtrier,, et pendant qu’en vacances on oubliait tout, le mois de Juillet prélevait son lot de victimes sacrificielles. Et soudain, le trio n’en était plus un, son bassiste rendant l’âme à qui elle appartient. Dusty Hill manque depuis à l’appel sur scène. Comme souvent dans les groupe de rock, le bassiste est le pilier discret, mais nécessaire, de la structure rythmique. C’est lui, le nombre du mouvement, qui dicte tout le reste. Ceux qui connaissent un tout petit peu Iron Maiden savent que le véritable maître à bord, celui qui tient véritablement la baraque, c’est celui qui n’a que quatre cordes sous les doigts car il a en charge, simultanément, la cadence et la tonalité. Point pivot du groupe, Dusty Hill en était le V8 ronronnant ou tonitruant, selon l’ambiance du moment.

Les artistes ont cet avantage sur nous, communs des mortels : ils survivent à leur propre arrêt cardiaque. C’est encore plus vrai pour les bassistes, dont l’œuvre musicale est si proche de la pulsation du cœur, du martèlement vital qui envoie l’énergie fondamentale au reste au corps entier pour le mettre en mouvement.

Quelque part dans les étoiles, bien au-delà de l’altitude un peu minable qu’atteignent péniblement la petite clique des Bezos et Branson circule un véhicule autrement plus bandant qu’un roadster Tesla. C’est pas que le cabriolet d’Ellon Musk soit dénué de tout charme, mais l’Afterburner fraie dans un tout autre univers, et son pilote participe désormais à l’aura particulière qui en fait une étoile parmi toutes les autres qui brillent dans le ciel nocturne.

Il semble que ses derniers mots furent « Que le spectacle continue ».

Ainsi soit-il : Dusty’s in the wind.

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